Il y a 10 ans maintenant, j’ai initié une démarche de Validation des Acquis de l’Expérience ou VAE. 10 ans après, il est temps de faire un petit point.
Les raisons de la VAE
Lors de ma formation initiale, j’avais pris l’option, après le BAC S – Option Science de la Vie et de la Terre, de m’orienter vers des études de Chimie. Le Diplôme Universitaire de Technologie, que j’ai obtenu à l’Université du Mans, m’a permis de découvrir un domaine important et essentiel, avec un stage qui m’a permis de découvrir au sein de l’usine FIAT l’importance dans l’évaluation des impacts carbone.
Malgré tout, je ne me suis pas retrouvé dans les métiers de la chimie. Pourquoi ? Difficile de le dire avec le recul mais toujours est-il qu’après une expérience à la Ville du Mans, en contrat Emploi-Jeune, comme médiateur informatique, suivi d’une expérience de quatre ans chez Econocom en tant que technicien de proximité puis au sein de Devoteam en tant que consultant depuis 2007, j’ai décidé de tenter de me passer à un niveau Bac+5.
Là encore, les raisons ne sont pas forcément évidentes. D’un côté, je sentais bien, même si cela n’était pas clair, que mon parcours atypique pouvait devenir un élément bloquant. D’ailleurs, cela se sentait dans les entretiens que je pouvais passer dans différentes organisations. D’un autre côté, cela me permettait de me lancer un challenge et de voir si j’étais capable d’y aller. Je n’oublie pas aussi l’importance de pouvoir passer le message qu’on peut corriger une erreur lorsque nous n’avons pas pu répondre aux enjeux études plus jeune. Comme je l’avais indiqué à l’époque :
- Mon entreprise ne recrute pratiquement plus que des bac+5, je suis donc en décalage avec la stratégie RH,
- J’occupe dans les faits un poste de ce niveau, il s’agirait donc de le faire reconnaître réellement,
- Si vous souhaitez bouger, certaines entreprises sont accrochées au sacro-saint diplôme.
Donc, avec l’appui de ma Responsable formation et ma responsable RH de l’époque, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure.
Les étapes de la VAE
Décider de se lancer dans une VAE est une chose, trouver la bonne VAE en est une autre. Et le parcours est loin d’être une sinécure, cela demande un vrai investissement.
Le choix de l’école
Première étape et pas des moindres : sélectionner l’école. Deux choix s’offraient à moi :
- Choisir une école et le diplôme associé et être prêt à répondre aux compétences non maîtrisées au travers de cours supplémentaires,
- S’appuyer sur ses compétences pour trouver un diplôme couvert par ses compétences pour ne pas avoir de cours supplémentaires.
J’ai choisi deux écoles qui répondaient au deuxième cas (ayant déjà une certaine expérience, le diplôme joue moins) et deux écoles sont ressorties : l’Epita qui bien que disposant d’une VAE a tout mis en œuvre pour me dissuader et l’ITESCIA que j’ai finalement choisie.
Le financement est aussi important à prendre en compte (c’est peut-être pour cette raison que l’Epita ne souhaite pas trop de VAE, moins rentable). De mon côté, je n’ai rien eu à payer. Le coût complet était de 4 000 € réparti de la façon suivante :
- Etude de Recevabilité : environ 100€
- Accompagnement : dépend du nombre d’heures d’accompagnement, mais pour mon cas, le coût était aux alentours de 3000€ (optionnel)
- Frais de jury : aux alentours de 900€
Une fois ce choix fait, la première étape est la recevabilité.
La recevabilité
Présenté sous la forme d’un livret, il s’agit plus d’un CV largement amélioré dans lequel vous allez pouvoir détailler (Voir l’article complet) :
- Des informations générales,
- La Formation Initiale (donc pour moi, mon DUT),
- La Formation Continue : certifications et formations professionnelles,
- Le Parcours Professionnel : permettant de montrer l’expérience,
- Le rapprochement du parcours professionnel avec les Compétences Attendues : partie relativement longue à faire et à justifier,
- Les Motivations et le Projet Professionnel justifiant la VAE.
L’honnêteté et le sérieux sont de mises car il n’y a pas de raison de rater sa VAE si l’étape de la recevabilité est passée avec succès !
Le Mémoire
Etape essentielle de votre démarche, il s’agit ici de documenter votre expérience professionnelle de façon détaillée pour justifier que vous ayez les compétences attendues. Il ne s’agit pas d’être théorique mais bien de démontrer comment vous avez mis en application chacune des compétences qui correspondent au diplôme visé.
J’ai détaillé mon début de mémoire et sa finalisation dans deux articles distincts.
L’apport du coach a été essentiel pour orienter la construction et l’alimentation du document final.
Généralement, il est recommandé de faire le mémoire sur deux ans. De mon côté, j’ai préféré le faire en 6 mois pour me maintenir sous un bon niveau de pression.
La Soutenance
Dernière étape de la démarche de VAE, la soutenance qui se déroulait en 1 heure, le 13 décembre 2016, m’a permis de présenter mon expérience au travers d’un ou deux exemples métier, avant de répondre aux questions du jury et d’attendre la délibération qui a validé le diplôme. L’Ordre du Jour de ma soutenance :
- Ma carrière en quelques mots,
- La raison de ma VAE,
- Les compétences utilisées au quotidien,
- Un exemple concret,
- Relation entre compétences et missions,
- La conclusion
J’ai eu la chance d’avoir sur cette soutenance deux représentants de Devoteam, mon directeur d’entité et ma HRBP.
Et après ?
La question n’est pas tant le « Et après ? » que l’apport de la VAE.
Au-delà de la réalité de l’obtention du diplôme, ce qui était surtout intéressant a été de pouvoir donner du sens à une carrière de près de 15 ans à l’époque. Cette mise à l’écrit du parcours m’a rassuré sur la trajectoire que j’avais prise mais aussi sur la logique de la carrière.
Cela n’a pas changé la vie, ne m’a pas donné plus de pertinence dans mon travail (ni moins d’ailleurs) et n’a pas changé mon salaire.
Par contre, il a permis de montrer qu’il est possible d’obtenir un diplôme à tout âge… C’est déjà pas si mal, non ?

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